Sepia : la skill gratuite qui retire les marques d'IA
Sepia est une skill open source (licence MIT, 2 583 étoiles GitHub au 13 septembre) qui repère et corrige ce qui trahit un texte écrit par l'IA. Installation, quatre modes d'usage et limites à connaître, dont le français.

Tu écris un post avec l'IA, tu le relis, et quelque chose cloche. Les phrases font toutes la même longueur. Ça démarre sur une généralité et ça se termine en résumant ce que tu viens de lire. Ton lecteur le sent en deux lignes, même s'il serait incapable de dire pourquoi.
Sepia s'attaque à ce problème. C'est une skill open source sous licence MIT, publiée sur GitHub le 28 août 2026, qui affiche déjà 2 583 étoiles (relevé du 13 septembre). Elle repère ce qui trahit un texte généré et le corrige en gardant ce que tu voulais dire.
Une skill, c'est un fichier d'instructions que ton assistant IA (Claude Code, Codex et d'autres) charge quand la tâche s'y prête. Tu l'installes une fois, et ton assistant suit une méthode précise au lieu d'improviser.
Pourquoi c'est utile
- Tu repères les tics avant ton lecteur. Formules de chatbot, remplissage, conclusion qui répète tout : Sepia les liste en citant le passage en cause.
- Tu choisis la dose. Un simple diagnostic, des retouches légères ou une réécriture complète.
- Tes faits restent tes faits. La skill a pour règle de ne jamais inventer un chiffre ou une citation. S'il manque une info, elle doit te la demander.
- Ta voix est respectée. Sepia doit caler le ton sur tes propres textes et garder les habitudes d'écriture que tu as vraiment.
- C'est gratuit et transparent. Pas de compte, et toutes les règles sont lisibles dans le dépôt, avec les études qui les fondent.
Ce que Sepia traque dans un texte
La plupart des outils qui « humanisent » un texte se contentent de changer des mots. Sepia part d'un constat que son README tire d'une étude publiée sur arXiv en 2026, StoryScope. Sur 61 608 histoires écrites par des humains et par cinq modèles d'IA, un classifieur qui regarde uniquement la structure du récit repère les textes générés avec un score de 93,2 %. Toujours selon le README, quand des éditeurs humains retravaillent le style, la détection passe seulement de 95,5 % à 93,9 %. Changer les mots ne suffit donc pas. Ces chiffres sont ceux que rapporte le dépôt : nous ne les avons pas vérifiés dans l'étude.
Pour la fiction, Sepia travaille en trois passes, de la plus profonde à la plus visible : l'architecture du récit (arrêter d'expliquer le thème, desserrer un enchaînement trop logique), puis le déroulé des paragraphes, et enfin le style.
Pour les textes pros, le dépôt pointe d'autres coupables. Le remplissage qui n'apporte aucune information, les précautions là où il fallait trancher, les restes de chatbot, et une mise en forme qui a l'air tamponnée.

Une règle chapeaute le tout : viser la zone où écrivent les humains, sans foncer vers l'extrême opposé. Un texte où toutes les règles anti-IA sont appliquées devient une nouvelle empreinte, tout aussi reconnaissable. Sur une histoire, Sepia choisit donc 3 à 5 corrections et laisse volontairement des phrases ordinaires.
Quatre façons de l'utiliser
Sepia propose quatre opérations, chacune avec sa commande. Dans Claude Code, tu tapes par exemple /sepia-review et tu fournis ton texte. Si tu l'oublies, la skill te le demande.
- write : écrire un texte neuf en appliquant les règles dès le départ.
- review : un diagnostic sans rien modifier, avec le passage cité pour chaque problème.
- refactor : des retouches minimales qui gardent ta structure et ta voix.
- recreate : une réécriture complète, à partir des faits extraits de l'original.

Mon conseil : commence toujours par review. Tu vois ce qui cloche, tu décides toi-même, et tu apprends à reconnaître les tics. En mode refactor, la skill préfère supprimer ou remplacer plutôt qu'ajouter. Avant de rendre la main, elle reprend chaque mot ajouté et le retire si la phrase dit la même chose sans lui.
Le dépôt fournit des règles dédiées aux notes de version, aux réponses de revue de code, aux rapports d'incident, aux tickets et aux articles de blog. Pour un post LinkedIn ou une newsletter, Sepia applique sa grille générale : dix vérifications passées une par une, du « j'espère que ça t'aide » jusqu'au rythme trop régulier.
L'installer sur ton assistant
Tu as deux chemins. Le premier fonctionne avec la plupart des assistants : le Skills CLI, un petit outil en ligne de commande qui, d'après le README, prend en charge 77 agents et plus (Cursor, Windsurf, Copilot, Cline...). Tu lances une seule commande dans un terminal. Elle passe par npx, il te faut donc Node.js. L'option -g installe la skill pour tous tes projets.
Le second chemin passe par un plugin natif, disponible pour Claude Code, Codex, Grok Build et Antigravity. Sur Claude Code, ce sont deux commandes. Si tu passes plutôt par la fenêtre /plugin install dans une session, choisis la portée « User » pour l'avoir partout.

Un détail compte : les commandes directes comme /sepia-review dépendent de la skill principale. Installe donc le paquet complet, car une commande installée seule ne fonctionne pas.
À savoir avant de te lancer
Sepia a des limites, et le dépôt a l'honnêteté de les écrire. Voici celles qui te concernent le plus.

Le français n'est pas calibré. La liste principale de mots à traquer est en anglais (« delve », « tapestry »...), et la seule adaptation à une langue précise concerne le chinois. Nous avons cherché « French » dans tout le dépôt le 13 septembre : aucune occurrence. La grille générale reste utile sur un texte français, mais aucune mesure n'y est citée sur notre langue. Relis ses propositions avec ton oreille.
Elle ne vise aucun détecteur. La skill dit elle-même écrire pour des lecteurs humains experts et n'être réglée pour tromper aucun détecteur automatique.
Mélanger Sepia avec une skill de style reste expérimental. Depuis la version 0.4.0, tu peux lui empiler une « voice skill », une skill qui impose un style comme ta voix de marque. Le README classe cette option en expérimental : elle repose sur une seule relecture à l'aveugle, qu'il présente comme un simple exemple.
Installée ne veut pas dire testée partout. Sur les quatre plateformes à plugin, « vérifié » signifie que l'installation aboutit et que les commandes apparaissent. Le README précise que leur comportement n'a pas été contrôlé plateforme par plateforme.
Le projet est tout jeune. Il en est à la version 0.10.0, sortie le 10 septembre, après dix versions publiées sur GitHub en deux semaines. Jette un œil au README avant d'installer, les commandes peuvent bouger.
Pour qui c'est
- Créateur de contenu : tu passes tes posts en review avant de publier et tu repères les tournures qui sentent le texte généré.
- Indépendant : tes propositions et tes réponses clients gardent ton ton, et tes chiffres restent les tiens.
- Petite équipe tech : notes de version, tickets, rapports d'incident et réponses de revue de code ont chacun leurs règles.
- Auteur de fiction : c'est là que Sepia va le plus loin, avec une grille de diagnostic de 30 critères sur la structure du récit.
Bottom line
Un texte qui sonne IA se trahit rarement par un seul mot. Ça se joue dans sa structure et dans toutes ces phrases qui n'apportent rien, et Sepia pose des règles écrites et sourcées sur les deux. Lance un /sepia-review sur ton dernier post, garde ce qui te parle, et reste vigilant si tu écris en français. Tout est sur github.com/Nanako0129/sepia, avec les commandes d'installation pour chaque assistant et le détail des études dans le dossier research.
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